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Ecrire avec des tuiles

Cette galerie contient 5 photos.

Avec Jean-François, nous avons écrit le titre de notre projet avec des morceaux de tuiles. Pour faire cela, nous avons d’abord transporté dans la cour plusieurs bacs remplis de tessons que nous avions ramassés au cours d’une balade. Nous avons … Lire la suite

par tempsdesirenes Posté dans Ateliers

Des médaillons d’estampilles

Cet après-midi, nous nous sommes installés dans la salle des maîtres pour réaliser des moulages d’estampilles à partir des empreintes que nous avions faites la semaine dernière. Nous avons d’abord préparé les moules en utilisant des bouts de rouleaux de Sopalin que nous avons enfoncés dans les galettes de pâte à modeler où se trouvaient les empreintes. Grâce à ces moules nous avons pu réaliser des médaillons bien ronds. Ensuite, nous avons préparé du plâtre de moulage. Pour cela, il faut diluer dans de l’eau du plâtre en poudre et bien mélanger au fur et à mesure, jusqu’à obtenir une pâte liquide. Comme nous voulions imiter la couleur de l’argile, nous avions teinté l’eau avec de la gouache orange et de la gouache marron. Il ne nous restait plus alors qu’à faire couler le plâtre dans les moules, jusqu’à une hauteur d’environ 1 cm et à laisser sécher.

Cette activité terminée, comme il nous restait du temps, le maître nous a proposé de décorer à la peinture des médaillons en plâtre blanc qu’il avait préparés à l’avance.

Toutes ces réalisations serviront à notre grande exposition du mois de mai, qui se fera dans le cadre de Marseille Provence Capitale de la Culture 2013. Nous vous parlerons de cet événement dans un prochain article.

Laura, Clara, Alexandre, Kiyan, Sabrina, Saoirse, Keyllian et Enzo

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Prises d’empreintes

Aujourd’hui, nous avons réalisé la première étape d’un travail de moulage des estampilles de tuiles. Il s’agissait de faire des empreintes qui serviront ensuite de moules pour couler du plâtre et pour réaliser ainsi des copies parfaites des abeilles, papillons, lion, croix de malte, etc. qui étaient les véritables signatures des fabricants de tuiles et de briques du Bassin de Séon.

Pour réaliser les empreintes, nous avons utilisé de la pâte à modeler. Il a d’abord fallu la ramollir en la malaxant dans nos mains, car elle était dure comme du béton ! Ensuite, nous en avons fait de petites boules que nous avons aplaties entre deux feuilles de papier pour en faire des galettes bien rondes et bien lisses. Puis nous avons pressé ces galettes contre les estampilles pour réaliser les empreintes. Le résultat était impeccable.

Enzo, Sophie, Clara, Driss, Alexandre, Kiyan, Chaïnèze, Romain et Merwan

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L’estampille mystérieuse

Une estampille est une sorte de logo qu’un fabriquant grave ou imprime sur son produit. Toutes les marques de tuiles et de briques du Bassin de Séon avaient leur estampille : l’abeille, le papillon, le lion, la croix de malte, etc.

Cet après-midi, le maître a apporté en classe un morceau de tuile sur lequel il y avait une estampille qu’il n’arrivait pas à identifier car elle était presque effacée.

Notre estampille mystérieuse

Cette estampille ne ressemble à aucune de celles que nous avions découverte auparavant. Le maître nous a proposé de chercher ensemble à l’identifier. Nous l’avons d’abord examinée chacun à l’œil nu. Ensuite, nous avons écrit sur notre cahier de brouillon toutes les idées auxquelles nous avions pensé pendant l’observation. Quand nous avons échangé nos idées, l’image d’un bateau navigant sur une mer agitée est ressortie en majorité, car on voyait clairement des vagues et on distinguait des voiles. Nous avons ensuite utilisé des loupes pour tenter de découvrir d’autres détails, mais en grossissant l’image, on perdait la vision d’ensemble et cela ne nous aidait pas à préciser notre hypothèse : il s’agissait bien d’un bateau, mais quel type de bateau ?

Alors, Romain a eu l’idée de réaliser une empreinte de l’estampille sur une feuille de papier. C’est simple et efficace : on applique la feuille sur l’estampille et on colorie par dessus au crayon gris. Le maître nous a dit que les archéologues faisaient exactement cela quand ils voulaient relever une inscription sur un objet ancien.

Le résultat nous a permis de confirmer et de préciser notre hypothèse de départ : il s’agit bien d’un bateau à voile, naviguant sur une mer agitée ; un bateau avec au moins deux mâts,  comme il en naviguait à l’époque de la marine à voile.

Technique du crayonnage

Pour obtenir une meilleure empreinte, nous avons ensuite badigeonné l’estampille avec de l’encre rouge, puis nous nous en sommes servis comme d’un tampon pour l’imprimer sur une feuille blanche. Le résultat était intéressant, mais ne donnait pas plus de précision qu’avec le crayon gris :

Technique de l’empreinte

C’est après avoir lavé le morceau de tuile que nous avons obtenu, sans le vouloir, la meilleure image de l’estampille. En effet, de l’encre était restée accrochée à certains détails du dessin et l’image d’ensemble apparaissait presque nette, au point qu’on pouvait en faire un croquis.  C’est ce que nous avons fait ensuite, après avoir photocopié le morceau de tuile pour chacun :

Photocopie du tesson, après lavage. De l’encre est restée, faisant ressortir le relief de l’image

Dessin de Keyllian

Dessin de Luka

Même si le sujet de l’estampille est maintenant bien identifié, celle-ci reste encore mystérieuse pour nous car elle ne correspond à aucune des marques que nous connaissons. Alors, si vous avez des informations sur une marque de tuile qui aurait utilisé un ancien bateau à voile comme estampille, n’hésitez pas à nous en faire part.

Marwan, Luka, Assia, Laura, Romain, Saoirse, Keyllian, Jenna, Marla, Loïc et Farès

 

 

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Le casse-tête

Dans le creux du Pilot, il y avait une falaise de 50 mètres qui tombait à pic. Un jour, un copain de Lucien est tombé de cette hauteur avec son vélo. Il venait d’en changer les freins et il voulait en faire la démonstration en s’arrêtant le plus près possible de la falaise : « Au début, il s’arrêtait à 5 mètres, après à 2 mètres, après à 1 mètre, après à 50 centimètres, et là, on a entendu crier, il est tombé dans les broussailles au bas de la falaise. Il est sorti tout graffigné, il pleurait, mais il n’est pas mort, heureusement ».

Enzo, Assia, Clara

Sous le signe de Zorro

Lucien Vassal nous a raconté un moment incroyable et fou. Un jour, avec ses copains, il était allé voir un film de Zorro au cinéma du quartier. À un moment, dans une scène du film, on voyait une fille qui s’appelait Roxanne, attachée à des rails, avec des Mexicains qui poussaient des wagons sur elle. Tout le monde criait dans le cinéma « Zorro ! Zorro ! » Les wagons se rapprochaient de plus en plus de Roxanne. Tout d’un coup, Zorro courait sur les rails et d’un coup d’épée détachait les cordes. Il prenait alors Roxanne dans ses bras et la sauvait.

Le lendemain, Lucien et ses potes sont allés dans le creux du Pilot. Son copain René leur dit : « On va refaire Zorro ! ». Il s’est avancé vers Lucien : « C’est toi qui va jouer le rôle de Roxanne parce que, de nous tous, tu ressembles le plus à une fille ! » Alors Lucien s’est laissé attacher les chevilles et les poignets aux rails avec de la ficelle. « Tu ne souffriras pas, me disaient-ils ». René jouait le rôle de Zorro. Les autres copains étaient les Mexicains. Ils étaient sur le premier wagonnet et poussaient des cris. Zorro, s’était caché derrière une touffe de genêts à quelques mètres, avec sa grande cape noire. Lucien voyait les wagonnets avancer. Il se demandait pourquoi Zorro ne venait pas le sauver. Les rails vibraient sous sa tête. Le train n’était plus qu’à quelques mètres. Sûr qu’il allait mourir ! D’un coup, Zorro est sorti des broussailles, mais il s’est pris les pieds dans sa longue cape noire et est tombé sur les rails. Il ne pouvait plus sauver Roxanne car il était tout empêtré dans sa cape. Heureusement, dans un sursaut, Lucien a réussi à casser les ficelles qui l’attachaient aux rails. Il a bondi et a tiré Zorro hors des rails. Le convoi de la mort les a frôlés. Les bandits fuyaient épouvantés et le train déraillait dans le virage avant de tomber dans le vide.

Romain, Merwan, Rio, Fares, Saoirse

Le déraillement des wagonnets

Le creux du Pilot, était aussi un terrain de jeu pour Lucien et ses copains. Ils jouaient à l’attaque du train des Cowboys par les Indiens. Le dimanche, quand personne ne travaillait, les enfants partaient en bande jusqu’au creux. Les wagonnets étaient garés, avec des cales sous les roues. Alors, Lucien et ses copains montaient dedans. Ils enlevaient les cales et dévalaient les pentes, d’une terrasse jusqu’à la suivante, en zigzag, jusqu’à l’usine qui était en bas. À un moment, il y en avait qui attaquaient le train — c’était les Indiens. Des fois, ils arrivaient tellement vite dans le virage qu’ils devaient sauter avant que le wagonnet déraille. Le wagonnet tombait alors jusqu’à l’usine, au fond du creux du Pilot. Et ça faisait tellement de bruit, un bruit de ferraille, que le gardien de l’usine montait en courant. Eux, comme ils étaient plus haut et qu’ils couraient plus vite, ils disparaissaient et se cachaient. Des fois, le gardien de l’usine frappait aux portes des maisons en criant : « Où ils sont les petits ? »

Sophie, Loïc

La colline « vert-de-gris »

Au début de la Seconde Guerre mondiale, la moitié nord et l’Ouest de la France étaient une zone occupée par l’armée allemande. Le Sud de la France, c’était la zone libre. Mais quand les Anglais et les Américains (les alliés de la France) ont débarqué en Algérie, avec pour objectif de libérer l’Italie, puis la France, Hitler, le Chef des Allemands, a décidé d’occuper la zone libre.

À cette époque Lucien était tout petit ; il avait 5 ans. Un jour, il a entendu du bruit. Les murs se sont mis à trembler. C’était vers 6 ou 7 heures du matin, le 11 novembre 1942 : « soudain, je vois des tanks avec des canons. Ils descendaient le long de la Route Nationale. Il y avait des chevaux avec des canons derrière, des mitrailleuses, des soldats avec des fusils. C’étaient les Allemands qui arrivaient. Du jour au lendemain, notre colline, où on s’amusait tant, devint le terrain d’exercice des Allemands qui y tiraient à balles réelles ! Elle était devenue pour moi « la colline vert-de-gris », de la couleur de leurs uniformes.

Les officiers Allemands s’étaient installés dans le Château de Foresta. « La colline vert de gris » c’est le titre d’un des premiers romans que Lucien a écrit.

Elliot, Alexandre

Les tickets de rationnement

Pendant la Seconde Guerre mondiale, la nourriture était rationnée. Les ouvriers qui travaillaient aux Tuileries, n’avaient droit qu’à un quart de litre de lait par jour. Il y avait plusieurs catégories : enfants, femmes, hommes, travailleurs de force, plus de 80 ans etc. Chaque catégorie avait ses cartes de pain, de lait, de viande etc. Selon la catégorie, on n’avait pas droit à la même quantité de nourriture : « Les J2 (les enfants), ils avaient droit à 50 grammes de pain par jour (un cinquième de baguette !). Le lait ils n’en avaient pas. Je me rappelle que j’avais très faim. On ne mangeait rien. Heureusement que papa avait un jardin avec des poules et des lapins, sinon on aurait crevé de faim ! »

Laura

Une carte d’alimentation pour catégorie J3
(jeunes de 13 à 21 ans et femmes enceintes)

Les congés payés

A partir de 1936 et du Front Populaire, les ouvriers ont eu droit à 15 jours de congés payés par an. Avant, ils travaillaient 6 jours sur 7 pendant toute l’année. Ils avaient le dimanche de repos. Mais, la plupart du temps, les ouvriers travaillaient aussi le dimanche en heures supplémentaires. Lucien nous a dit qu’il a vu des ouvriers des tuileries qui ne prenaient pas de congés payés. Ils n’avaient pas assez d’argent. Alors, ils préféraient continuer à travailler et toucher leurs congés payés, tout en travaillant.

Assia, Laura

Les ouvriers et ouvrières de la tuilerie Martin en grève, en 1936.
Photo aimablement prêtée par Samia Chabani, de l’association « Ancrages »