Le quignon de pain

Quand Lucien était enfant, la vie était dure. Les ouvriers qui travaillaient dans le creux du Pilot — la carrière d’argile — déjeunaient de quignons de pain dur qu’ils trempaient dans la source pour les ramollir afin qu’ils soient mangeables. Et le soir, quand ils remontaient vers La Viste, on aurait dit des Indiens, nous a dit Lucien, parce qu’ils avaient le visage rouge à cause de la sueur et de l’argile.

Lucien nous a également dit que les travailleurs remontaient la colline morts de fatigue, on aurait dit des vieillards : « ceux qui avaient 30 ans, on en leur donnait le double ! ». Ils étaient épuisés. Ils marchaient le corps en avant, cassés par le mal de dos ; leurs habits et leur peau couverts d’argile. Ils ne s’essuyaient même pas car ils n’avaient pas de torchons. Ils remontaient du Creux du Pilot ruisselants, été comme hiver. De la poussière d’argile plein le nez et les poumons.

Marla, Driss, Karim

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