L’aventure des Tartanes

Vendredi 22 mars, M. Eric Benente, qui est professeur de technologie dans un collège, est venu nous parler de sa passion : les bateaux à voile latine, en particulier les « tartanes ». Il possède lui-même une « bette », qui est une petite barque marseillaise traditionnelle qu’il a restaurée lui-même et que l’on peut voir au port de Saumaty. Eric Benente a fait des recherches historiques sur les tartanes et il nous en a fait profiter en classe.

Mais d’abord, qu’est-ce qu’une « tartane » ? C’est un bateau en bois, à voiles « latines ». Ces voiles, de forme triangulaires, ne sont pas tenues par le mât et la bôme ; elles sont accrochée à une longue vergue oblique que l’on appelle « l’antenne », cette dernière étant suspendue au mât. En plus de la grand-voile, qui s’appelle la « mestre », on peut gréer d’autres voiles : la « polacre », le « foc » et la « flèche ». Une tartane mesurait entre 15 et 25 m de long et environ 6 m de large (voir le schéma ci-dessous).

schema tartane clara
Schéma de Clara

Les tartanes naviguaient surtout au XIXe siècle et jusqu’au milieu du XXe siècle (certaines étant alors équipée d’un moteur). Il n’en reste plus actuellement qui soient en état de marche, en France en tout cas.
Les tartanes étaient utilisées pour transporter des matériaux, en particulier des tuiles, des carreaux et des briques ; on s’en servait aussi pour la pêche. Dans le bassin de Séon, elle servaient à acheminer les produits des tuileries jusqu’au Vieux port ou à la Joliette où ces produits étaient chargés sur des gros navires de transport. Il faut dire que la route du littoral n’a été construite qu’au début du XXe siècle et que ce moyen de transport par mer a été longtemps le plus économique qui soit.

tartane merwan001
Tartane entrant dans le Port de la Joliette. Dessin de Merwan

Une tartane pouvait en effet charger jusqu’à 7000 tuiles qu’il fallait bien répartir pour ne pas déséquilibrer le bateau. Un lest, constitué de mallons, assurait également l’équilibre (d’où le nom de « tartane mallonière »). Eric nous a dit que, fort heureusement, les tartanes coulaient difficilement car elles étaient en bois. S’il arrivait que l’on embarque trop d’eau à cause des vagues, les marins jetaient la cargaison à la mer.

Accroché à l’arrière de la tartane, il y avait le « baquet », une petite embarcation à rames qui servait à sortir la tartane du port et qui pouvait servir aussi de bateau de secours.

L’équipage se composait du capitaine, d’un marin et d’un mousse (jeune apprenti âgé de 14-15 ans). Comme la manœuvre des voiles était très difficile, c’était généralement le mousse qui tenait la barre pendant que le capitaine et le marin s’occupaient de manœuvrer l’antenne qui était très lourde.

À la fin de son témoignage, Eric nous a fait une surprise. Au cours de ses recherches, il a retrouvé le bateau qui a servi de modèle à notre estampille « mystérieuse » (1). C’est une tartane un peu particulière, appelée « martingana », dont la voile principale, la « mestre », a été remplacée par des voiles carrées. Ainsi, le mystère de notre estampille est maintenant entièrement résolu.

(1) voir l’article https://tempsdesirenes.wordpress.com/2012/10/16/lestampille-mysterieuse

Texte collectif

martingana et estampille

Martingana. Dessin de Luka. En haut à droite, notre estampille mystérieuse

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Un commentaire sur “L’aventure des Tartanes

  1. Bravo pour cet article les jeunes ! Les dessins sont supers et les informations sont bien retranscrites. A très bientôt pour de nouvelles aventures !
    Eric P-))

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