Des maquettes en argile

Quand nous sommes arrivés en salle des maîtres pour ce nouvel atelier, il y avait déjà sur les tables des gros blocs d’argile grise et des outils que nous ne connaissions pas. Pour nous accueillir, il y avait Jean-François Marc et une autre personne — Mayeul Cardon — qui s’est rapidement présenté. Il est potier de métier et il va intervenir durant les trois séances de cet atelier car le travail de l’argile, depuis le modelage jusqu’à la cuisson, est très technique.

Nous nous sommes alors installés, chacun devant un bloc d’argile, et Mayeul nous a distribué une image : c’était surtout des images de paysages de tuileries et de carrières d’argile. Là, Jean-François nous a expliqué que nous allions devoir reproduire en trois dimensions l’image que l’on nous avait donnée, en taillant et en modelant dans l’argile. Avant de nous lancer dans cette tâche, Mayeul et Jean-François nous ont expliqué comment lire une image afin de repérer les différents plans qui nous permettront de créer la dimension manquante : la profondeur.

Ensuite, pendant deux heures, nous avons d’abord creusé et enlevé de la matière à notre bloc, puis nous avons lissé les partie plates comme le sol, les toits et les murs, jusqu’à réaliser une première esquisse en argile du sujet de notre image. C’était souvent très difficile, mais Mayeul et Jean-François venaient souvent nous voir, les uns et les autres, pour nous conseiller et nous apprendre les gestes techniques du modelage. Nous avons appris, en particulier, une chose très importante, c’est qu’il ne faut jamais enlever plus de matière que ce qu’il faut, car on ne peut pas en rajouter à cause de l’air qui peut de s’introduire à ce moment-là et qui risque de créer des failles lors de la cuisson.

IFLaura doit reproduire la Maison du directeur de la tuilerie Guichard Frères

IFJean-François conseille Driss

La semaine suivante, l’autre groupe de la classe s’est attaqué aux détails :

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Puis, il y a eu deux séances d’ateliers peinture, pour aboutir, après cuisson, aux maquettes que nous avons exposées au J1, en mai et à l’école en juin :

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Laura, Elliot, Sabrina, Luka, Farès et Soni

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Des images en bleu

Cette semaine, nous avons expérimenté un procédé — appelé cyanotype — qui permet de reproduire une image sur un papier à dessin, mais aussi sur du bois ou du tissu.

Pour cela, on passe sur le papier (le bois ou le tissu) une solution chimique qui change de couleur quand elle est exposée au soleil. On dit que cette solution est « photosensible ».

Une fois le papier préparé et bien sec, on place dessus une image en « négatif », tirée sur transparent, et on expose le tout au soleil pendant quelques minutes. Le développement du papier se fait à l’eau, par simple rinçage, et là, miracle, une image apparaît en bleu et blanc !

Le maître a préparé le papier lui-même, car nous ne pouvons pas manipuler de produits chimiques.

Texte collectif

Voici les principales étapes de la réalisation d’un cyanotype :

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Dessins de Laura

Mise en œuvre en image

L’exposition des cyanotypes au soleil les fait rapidement passer de la couleur jaune de départ au bleu-vert, puis au gris. C’est à ce moment là que l’on peut passer à la “révélation”, c’est à dire au rinçage à l’eau.

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Pour le rinçage, on commence par placer les cyanotypes à l’envers, afin de faire tomber les pigments jaune et vert qui n’ont pas réagi lors de l’insolation car ils correspondaient à une zone noire du négatif.

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On termine le rinçage à l’eau courante, afin de dissoudre les derniers restes de pigments jaunes et qu’il ne reste sur le papier que la couleur bleue.

IF

Enfin, on étend les cyanotypes sur une corde à linge, en les lestant un peu, de manière à ce que le papier ne se corne pas en séchant.

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Maintenant, voici quelques cyanotypes que nous avons réalisés à partir de photographies d’archives sur les tuileries :

exemple

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Un atelier de presse

usine
Tuilerie de Saumaty

creux du pilot

Le creux du Pilot

chargement

Embarquement de tuiles sur le quai de Saumaty

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Alimentation des presses

sur tissu

Cyanotype sur toile de coton

Le Plan

Mardi 29 janvier, avec Jean-François Marc, nous avons commencé à préparer et à illustrer un grand plan du Bassin de Séon qui sera exposé au J1. Ce plan date de 1943. Il est intéressant car ses auteurs y ont fait figurer toutes les usines de l’époque, en particulier les tuileries. Il y en avait une quinzaine, entre l’Estaque et Saint-André, à l’époque !

Tout d’abord, nous avons teinté le plan pour qu’il soit beau. Avec un chiffon, nous avons passé du brou de noix sur la partie « territoire », puis, avec un pinceau, nous avons étalé de la peinture acrylique bleue sur partie « mer ». Nous avons aussi peint en bleu les carrières d’argile — les fameux « creux ».

Pendant ce temps, un petit groupe à préparé des étiquettes en écrivant les noms des tuileries du Bassin de Séon et d’autres mots importants, comme « la gare », « notre école », etc.

Quand la teinte et la peinture ont été bien sèches, nous avons collé les étiquettes sur le plan, à l’endroit exact où elles devaient être, en nous servant d’un autre plan qui a été réalisé il y a quelques années par l’historienne Isabelle Polverelli.

Le travail sur le plan ne fait que commencer. Nous allons y ajouter progressivement des images, des dessins et des textes qui permettront d’en faire à la fois un bel objet d’exposition et un document pour mieux comprendre l’importance des tuileries dans l’histoire de nos quartiers.

Clara, Elliot, Loïc, Karim, Merwan, Farès, Chaïnèze et Assia

IF

Assia pose une étiquette en se servant du plan de l’historienne Isabelle Polverelli

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Tampons d’estampilles

Avec Jean-François, nous avons réalisé des tampons d’estampilles pour notre exposition au J1, en mai. Ces tampons feront partie d’une composition artistique que nous vous dévoilerons bientôt.

Nous avons d’abord choisi des tessons de tuiles comportant une inscription en relief (positive) ou en creux (négative).

Autour des inscriptions en creux, nous avons dressé une petite enceinte en « plastiline », une sorte de pâte à modeler.

Avec les inscriptions en relief, nous avons d’abord pris une empreinte avec de la plastiline, en appuyant très fort, car cette matière est beaucoup moins souple que la pâte à modeler. Autour de l’empreinte, nous avons également dressé une petite enceinte de façon à former un moule.

IFMoule « positif »                                                               Moule « négatif »

Nos moules étaient presque prêts ; il nous fallait encore les graisser pour faciliter le démoulage. La matière que nous y avons coulée est du « silicone liquide », de couleur rouge, auquel nous avons ajouté un « durcisseur ». En durcissant, le silicone ressemble à du caoutchouc. Il met environ 12 heures pour durcir.

Une fois démoulés, nos tampons seront collés sur un petit tasseau de bois et teinté avec de l’encre.

IF

Clara, Elliot, Chaïnèze, Loïc, Assia, Karim, Farès et Merwan

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Des écrins bleus pour diamants rouges

Pour notre exposition du mois de mai, au J1, nous avons créé des écrins bleus,  afin de mettre en valeur des tessons de tuiles que nous avions récoltés au cours de nos recherches sur le terrain.

C’est Jean-François qui nous a aidé à réaliser ces œuvres.

D’abord, nous avons construit des petits cadres en assemblant des tasseaux de bois au moyen de pistolets à colle. Un fois l’assemblage réalisé, il a fallu poncer les coins pour que tout soit bien propre.

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Ensuite, nous avons posé notre cadre sur une plaque de contreplaqué de mêmes dimensions et nous l’avons rempli de pâte à papier, colorée en bleu. Nous avons bien aplati et essoré la pâte à papier avec une petite plaque, puis nous y avons incrusté un tesson de tuile que nous avions choisi auparavant.

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Nous avons réalisé ainsi une quinzaine d’écrins bleus que nous avons mis à sécher sur une étagère de la classe.

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La semaine suivante, tout était bien sec et nous avons pu achever nos œuvres en repassant sur le papier mâché de la peinture acrylique bleue, car c’était devenu trop pâle en séchant. Nous avons également collé les cadres sur le support en contreplaqué.

Nos écrins seront exposés côte à côte, sur une ligne, à la manière d’une collection.

Voilà comment nous avons transformé des tessons de tuile trouvés parterre en objets artistiques.

Marla, Marwan, Rio, Keyllian, Jenna et Romain.

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Galerie

Ecrire avec des tuiles

Cette galerie contient 5 photos.

Avec Jean-François, nous avons écrit le titre de notre projet avec des morceaux de tuiles. Pour faire cela, nous avons d’abord transporté dans la cour plusieurs bacs remplis de tessons que nous avions ramassés au cours d’une balade. Nous avons … Lire la suite

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Des médaillons d’estampilles

Cet après-midi, nous nous sommes installés dans la salle des maîtres pour réaliser des moulages d’estampilles à partir des empreintes que nous avions faites la semaine dernière. Nous avons d’abord préparé les moules en utilisant des bouts de rouleaux de Sopalin que nous avons enfoncés dans les galettes de pâte à modeler où se trouvaient les empreintes. Grâce à ces moules nous avons pu réaliser des médaillons bien ronds. Ensuite, nous avons préparé du plâtre de moulage. Pour cela, il faut diluer dans de l’eau du plâtre en poudre et bien mélanger au fur et à mesure, jusqu’à obtenir une pâte liquide. Comme nous voulions imiter la couleur de l’argile, nous avions teinté l’eau avec de la gouache orange et de la gouache marron. Il ne nous restait plus alors qu’à faire couler le plâtre dans les moules, jusqu’à une hauteur d’environ 1 cm et à laisser sécher.

Cette activité terminée, comme il nous restait du temps, le maître nous a proposé de décorer à la peinture des médaillons en plâtre blanc qu’il avait préparés à l’avance.

Toutes ces réalisations serviront à notre grande exposition du mois de mai, qui se fera dans le cadre de Marseille Provence Capitale de la Culture 2013. Nous vous parlerons de cet événement dans un prochain article.

Laura, Clara, Alexandre, Kiyan, Sabrina, Saoirse, Keyllian et Enzo

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Prises d’empreintes

Aujourd’hui, nous avons réalisé la première étape d’un travail de moulage des estampilles de tuiles. Il s’agissait de faire des empreintes qui serviront ensuite de moules pour couler du plâtre et pour réaliser ainsi des copies parfaites des abeilles, papillons, lion, croix de malte, etc. qui étaient les véritables signatures des fabricants de tuiles et de briques du Bassin de Séon.

Pour réaliser les empreintes, nous avons utilisé de la pâte à modeler. Il a d’abord fallu la ramollir en la malaxant dans nos mains, car elle était dure comme du béton ! Ensuite, nous en avons fait de petites boules que nous avons aplaties entre deux feuilles de papier pour en faire des galettes bien rondes et bien lisses. Puis nous avons pressé ces galettes contre les estampilles pour réaliser les empreintes. Le résultat était impeccable.

Enzo, Sophie, Clara, Driss, Alexandre, Kiyan, Chaïnèze, Romain et Merwan

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L’estampille mystérieuse

Une estampille est une sorte de logo qu’un fabriquant grave ou imprime sur son produit. Toutes les marques de tuiles et de briques du Bassin de Séon avaient leur estampille : l’abeille, le papillon, le lion, la croix de malte, etc.

Cet après-midi, le maître a apporté en classe un morceau de tuile sur lequel il y avait une estampille qu’il n’arrivait pas à identifier car elle était presque effacée.

Notre estampille mystérieuse

Cette estampille ne ressemble à aucune de celles que nous avions découverte auparavant. Le maître nous a proposé de chercher ensemble à l’identifier. Nous l’avons d’abord examinée chacun à l’œil nu. Ensuite, nous avons écrit sur notre cahier de brouillon toutes les idées auxquelles nous avions pensé pendant l’observation. Quand nous avons échangé nos idées, l’image d’un bateau navigant sur une mer agitée est ressortie en majorité, car on voyait clairement des vagues et on distinguait des voiles. Nous avons ensuite utilisé des loupes pour tenter de découvrir d’autres détails, mais en grossissant l’image, on perdait la vision d’ensemble et cela ne nous aidait pas à préciser notre hypothèse : il s’agissait bien d’un bateau, mais quel type de bateau ?

Alors, Romain a eu l’idée de réaliser une empreinte de l’estampille sur une feuille de papier. C’est simple et efficace : on applique la feuille sur l’estampille et on colorie par dessus au crayon gris. Le maître nous a dit que les archéologues faisaient exactement cela quand ils voulaient relever une inscription sur un objet ancien.

Le résultat nous a permis de confirmer et de préciser notre hypothèse de départ : il s’agit bien d’un bateau à voile, naviguant sur une mer agitée ; un bateau avec au moins deux mâts,  comme il en naviguait à l’époque de la marine à voile.

Technique du crayonnage

Pour obtenir une meilleure empreinte, nous avons ensuite badigeonné l’estampille avec de l’encre rouge, puis nous nous en sommes servis comme d’un tampon pour l’imprimer sur une feuille blanche. Le résultat était intéressant, mais ne donnait pas plus de précision qu’avec le crayon gris :

Technique de l’empreinte

C’est après avoir lavé le morceau de tuile que nous avons obtenu, sans le vouloir, la meilleure image de l’estampille. En effet, de l’encre était restée accrochée à certains détails du dessin et l’image d’ensemble apparaissait presque nette, au point qu’on pouvait en faire un croquis.  C’est ce que nous avons fait ensuite, après avoir photocopié le morceau de tuile pour chacun :

Photocopie du tesson, après lavage. De l’encre est restée, faisant ressortir le relief de l’image

Dessin de Keyllian

Dessin de Luka

Même si le sujet de l’estampille est maintenant bien identifié, celle-ci reste encore mystérieuse pour nous car elle ne correspond à aucune des marques que nous connaissons. Alors, si vous avez des informations sur une marque de tuile qui aurait utilisé un ancien bateau à voile comme estampille, n’hésitez pas à nous en faire part.

Marwan, Luka, Assia, Laura, Romain, Saoirse, Keyllian, Jenna, Marla, Loïc et Farès

 

 

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Gros arrivage de tuiles

Mardi 4 octobre

Jean-François est passé tôt ce matin pour amener à l’école une grosse caisse contenant une trentaine de tuiles de différentes sortes. Nous les avons d’abord nettoyées et brossées afin de bien voir leurs inscriptions. Puis nous les avons triées. Il y avait surtout des tuiles « canal » qui sont longues et arrondies, avec un bout plus étroit que l’autre, et des tuiles « mécaniques », qui sont plutôt plates avec des bords en forme de crochet pour pourvoir s’emboîter les unes aux autres. D’ailleurs on appelle aussi ces tuiles : « tuile à emboîtement ». Dans le lot, il y avait aussi des tuiles longues en forme de toit. Ce sont des tuiles « faîtière ». On les place au « faîte » du toit, c’est-à-dire le long du sommet ainsi que sur les arêtes du toit. Nous avons ramené tout ce matériel en classe pour le dessiner. Ensuite, nous avons cherché à assembler les tuiles des deux principaux modèles : tuiles canal et tuiles mécaniques. Nous n’y sommes pas arrivé tout de suite car nous n’avions pas de notice d’utilisation. Mais en manipulant les tuiles et en réfléchissant bien, nous avons réussi à trouver la bonne manière de faire.

Chaïnèze, Clara, Karim, Kiyan, Soni, Sophie et Enzo

Dessin d’une tuile Faitière

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